Pierre Denoix (1912-1990)

Chirurgien, directeur de l'Institut Gustave Roussy, de 1956 à 1982

voir aussi : Le cancer, chaque jour plus connu, à propos du congrès international de Paris Importance et fréquence du cancer en France (S&V n° 393, juin 1950)

 

Né le 26 octobre 1912 à Paris, Pierre Denoix termine son internat en 1942. A la suite des épreuves de la guerre et de l'occupation, qui lui valurent la croix de guerre, il obtient en 1948, le titre de chirurgien des hôpitaux de Paris. Dans cette fonction, il contribue au développement en France de la chirurgie oncologique, notamment dans le domaine du cancer du sein dont il devient spécialiste. Il a principalement contribué à développer l'épidémiologie de cette maladie à l'Institut national d'hygiène où il est entré en 1942. A la Libération, son rôle dans la création des centres de lutte contre le cancer et la rédaction de leur statut est prééminent. En 1956, Pierre Denoix devient directeur de l'Institut Gustave-Roussy où la lutte contre le cancer est menée sous son quadruple aspect, les soins, la recherche, l'enseignement et l'information du public, notamment avec les études qui ont démontré les effets cancérigènes du tabac. Passionné par l'aspect organisationnel de la tâche, il a été l'un de ceux qui ont introduit le temps plein dans les centres hospitaliers, avant même la mise en oeuvre de la réforme Debré qu'il a d'ailleurs fermement soutenue. Professeur de clinique carcinologique à la faculté de médecine de Paris, Pierre Denoix a été le pionnier d'une classification moderne des tumeurs  (T.N.N.M.) qui permet aux cancérologues de tous les pays de partager un langage commun et de comparer leurs résultats. Dans le domaine de la politique sanitaire, Pierre Denoix a joué un rôle essentiel en dirigeant d'abord la section cancer de l'Institut national d'hygiène, puis en présidant la commission du cancer, avant d'être nommé Directeur général de la santé de 1974 à 1978.  Le 1er septembre 1990, Pierre Denoix décédait à l'Institut Gustave-Roussy, dans le bâtiment même qu'il avait voulu et fait construire.