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 Yves Agid

Yves Agid est né le 13 novembre 1940 à Nice (Alpes-Maritimes). Il a mené ses études secondaires au lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge et ses études supérieures à la faculté de médecine de Paris (1959-1966).

Interne des hôpitaux de Paris (1967-1973).
Certificat de biochimie structurale et métabolique et diplôme d’études approfondies en biochimie à la faculté des sciences de Paris (1971 et 1972).
Docteur en médecine, université de Paris VI (1973).
Chef de clinique - assistant des hôpitaux de Paris, clinique de neurologie et neuro-psychologie (Pr Lhermitte, CHU Pitié - Salpêtrière (1973-1978). 
Docteur ès sciences (Pr Glowinski, Collège de France), université de Paris (1976).
Professeur des universités, praticien hospitalier, clinique de neurologie et de neuropsychologie, CHU Pitié - Salpêtrière (1979). 
Professeur des universités – praticien hospitalier de 1ère classe (1986), professeur des universités – praticien hospitalier de classe exceptionnelle (1992).
Chef de service de neurologie (Fédération de neurologie), groupe hospitalier de la Pitié Salpêtrière, depuis 1993.

Directeur de l’unité de recherche Inserm 289 sous les l’intitulés successifs de "Physiopathologie des comportements", « Physiopathologie des maladies du système nerveux","Physiopathologie et pathogenèse des maladies dégénératives du système nerveux", puis "Mécanismes et conséquences de la mort neuronale" (1985-2000).
Coordonnateur du centre d'investigation clinique (CIC) des maladies du système nerveux, implanté au sein du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière depuis 1995 et directeur, sur le même site hospitalier, de l'Institut fédératif des neurosciences (1998-2005).
Directeur de l’Institut de neurologie (2000-2002) et directeur scientifique de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière depuis 2004.

Membre de la commission scientifique spécialisée "Système musculaire squelettique, système nerveux central et organes des sens, psychiatrie et santé mentale" de l'Inserm (1979-1982), membre du conseil national des universités (médecine expérimentale et chirurgie comparée) (1979-1987), membre du département des sciences de la vie du CNRS (1987-1990), membre du conseil national des universités (1987-1992).
Membre de la mission scientifique de l’Inserm : conseiller pour les neurosciences (1996-1998).
Membre du bureau du comité consultatif médical du CHU Pitié-Salpêtrière, membre du conseil scientifique de la faculté Pitié-Salpêtrière.

Sociétés savantes – Académies
Membre de la Société de neurologie, de la Société de psychiatrie biologique, de la Société française des neurosciences (membre du conseil d’administration depuis 2005), de l’Association européenne pour la neuropharmacologie clinique, de la Société européenne de neurochimie, de la Société européenne de neurologie, de l’American Academy of Neurology, de l’American Neurological Association, de la Movement Disorders Society, de l’International Basal Ganglia Society, de la Society of Neurosciences (USA), de l’Association of British Neurologists.
Président de l'Association pour le développement de la recherche sur les maladies génétiques neurologiques et psychiatriques (1989-2005).


Distinctions - Prix
Prix de l’Académie des sciences – Institut de France (1984), Alice Wilson Award in Parkinson’s Disease, USA (1993), prix Mande de l’Académie de médecine (1994), prix de recherche de la fondation AGF Athéna/Institut de France (1995).
Grand prix Inserm de la recherche médicale (2001).
Career Award of the Movement Disorder Society (2004).

Travaux scientifiques
Les travaux de recherche d’Yves Agid ont toujours été menés dans le domaine des neurosciences, le but étant d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour guérir et soulager. L’approche scientifique a donc été menée dans un continuum depuis la biologie moléculaire jusqu’à la recherche clinique en passant par la biologie cellulaire et la neurophysiologie. Les modèles pathologiques choisis étaient les affections neurodégénératives, avec une référence particulière pour la maladie de Parkinson.
Les recherches d’Yves Agid et de ses collaborateurs ont ainsi concerné l’identification des principaux facteurs pathologiques contribuant à la vulnérabilité et à la perte des neurones dopaminergiques et la description des diverses formes d’apoptose (mort cellulaire programmée) dans le cerveau humain. Il a également engagé son laboratoire dans la génétique moléculaire des maladies neurodégénératives héréditaires permettant, notamment, d’identifier plusieurs gènes dans des affections dégénératives du cervelet (ataxies cérébelleuses) et du nerf périphérique (maladie de Charcot-Marie-Tooth). 
D’autres travaux ont été plus particulièrement consacrés à la nosographie des maladies neurodégénératives, avec pour modèle d’une part la maladie de Parkinson et ses différents sous-types - en identifiant notamment les formes héréditaires de l’affection -, d’autre part, en utilisant les outils de la neurologie expérimentale appliqués aux maladies neuropsychiatriques comme la maladie des tics (Gilles de la Tourette) et les troubles obsessionnels compulsifs.

Les travaux de Yves Agid ont porté plus particulièrement sur la maladie de Parkinson, avec une double approche : comprendre le mécanisme des symptômes et celui de la mort cellulaire. 
C’est d’abord dans le laboratoire de Jacques Glowinski, au Collège de France, qu’il entreprend ses premières recherches. Ainsi, il étudie les conséquences de la destruction de la voie nigrostriatale, caractéristique de la maladie de Parkinson, en montrant l’influence des neurones dopaminergiques de cette voie sur les neurones cholinergiques du striatum et en essayant d’expliquer le mécanisme des médicaments antiparkinsoniens anticholinergiques. 
A la Pitié-Salpêtrière, d’abord seul, puis entouré d’une petite équipe, avant de devenir directeur de l’unité Inserm 289, Yves Agid contribue à décrire les lésions des circuits dopaminergiques à l’intérieur des noyaux gris de la base, par l’étude de cerveaux humains post mortem. Ses travaux révèlent que la déficience dopaminergique ne se réduit pas au striatum, mais intéresse aussi le système mésocorticolimbique et d’autres régions des noyaux gris centraux. Avec cette même démarche, il constate que les structures cérébrales sont douées de grandes capacités d’adaptation car il faut que la moitié environ des cellules dopaminergiques soient détruites pour que des symptômes apparaissent. En deçà de ce seuil, la disparition des neurones dopaminergiques est compensée par différentes modifications biochimiques et structurelles, notamment une hypersensibilité des récepteurs postsynaptiques à la dopamine et une repousse des neurones encore intacts qui prennent la place des neurones disparus. La L-Dopa (précurseur de la dopamine), l’un des médicaments utilisés dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson, semble même stimuler cette plasticité neuronale compensatoire.
Plus récemment, Yves Agid et ses collaborateurs ont montré que les parties basses du cerveau, y compris des structures présentes dans le tronc cérébral, sont impliquées dans les fonctions cognitives et psychiques, ce qui remet en question les idées classiques sur l’organisation des fonctions dites supérieures. Une observation récente illustre ainsi le rôle que peuvent jouer les parties les plus «primitives» du cerveau dans certaines affections psychiatriques. En inhibant avec une électrode une toute petite structure, d’une centaine de cellules, dans le tronc cérébral, il est possible de déclencher une crise de mélancolie profonde qui cesse dès l’arrêt de l’inhibition.
Dans le domaine plus fondamental des mécanismes de la mort neuronale, Yves Agid et ses collaborateurs ont pu établir la présence de cellules en apoptose au cours de la maladie de Parkinson, le rôle-clé des mitochondries dans ce processus de mort cellulaire programmée et l’implication probable des cellules gliales, considérées jusque-là comme protectrices, dans la souffrance cellulaire. 
Yves Agid a également engagé son laboratoire dans la génétique moléculaire des maladies neurodégénératives héréditaires, ce qui lui a permis notamment d’identifier plusieurs gènes dans des affections dégénératives du cervelet (ataxies cérébelleuses) et du nerf périphérique (maladie de Charcot-Marie-Tooth).
Récemment, les travaux de son équipe ont permis de montrer que les mutations d'un gène, baptisé Parkin, étaient responsables d'une forme précoce, plus répandue que prévue, de la maladie de Parkinson. Celle-ci a montré que, dans ces formes particulières, la maladie évoluait plus lentement et que les patients répondaient mieux au traitement par la L-Dopa. Une partie du travail de l’équipe s’est orienté vers l’approche post-génomique pour déterminer comment les mutations observées peuvent provoquer le dysfonctionnement et la mort cellulaire. C’est ainsi que le cadre nosologique de « la maladie» de Parkinson, bien classique, a éclaté en « plusieurs maladies » de Parkinson aux origines génétiques diverses. 


Sélection des principales publications
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