Notice Eugène Aujaleu


Voir aussi un entretien avec Eugène Aujaleu le 9 juin 1990 (J.-F. Picard)

et le fonds Aujaleu aux archives de l'Inserm. Du laboratoire aux archives https://inserm.hypotheses.org/ 

 

Eugène Aujaleu, ancien interne médaillé d'or des hôpitaux de Toulouse, médecin des hôpitaux militaires et professeur agrégé du Val-de-Grâce en 1936, part à la guerre en 1939. Il est nommé Inspecteur général de la Santé publique en 1941 et rejoint Alger fin 1942.
Il est chargé, en 1943, des services de la santé et de l'assistance du Comité français de libération nationale près du gouvernement provisoire de la République française.
De retour en France, fin août 1944, Eugène Aujaleu est nommé Directeur de la Santé publique au ministère de la Santé, poste qu'il occupera pendant vingt ans.

Le 18 Juillet 1964, l'Institut national d'hygiène dirigé par Louis Bugnard (1945 – 1964) est transformé en un nouvel établissement résolument organisé pour la recherche biologique et médicale, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Louis Bugnard, souhaitant abandonner la direction de l'INH depuis 1963, pour occuper un poste de professeur à la faculté de médecine de Paris, Louis Marcellin, ministre de la Santé publique nomme Eugène Aujaleu Directeur de l'Inserm.
Celui-ci rédigera les arrêtés du 9 septembre 1964 et du 11 Janvier 1965 qui compléteront l'organisation de l'Inserm et son fonctionnement.
En 1966, Eugène Aujaleu est nommé Conseiller d'Etat en service extraordinaire, fonction qu'il occupera jusqu'en 1971.
En octobre 1969, atteint par la limite d'âge, Eugène Aujaleu abandonne la direction de l'Inserm, à laquelle lui succède le Professeur Constant Burg.
Il continuera à représenter la France, comme il le fait depuis 1948, et ce jusqu'en 1982, à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont il a d'ailleurs présidé l'assemblée en 1968. Eugène Aujaleu a également représenté la France au Conseil de l'Europe à Strasbourg.


 

Hommage à Eugène Aujaleu, Inserm-actualités, septembre 1990

Eugène Aujaleu s'est éteint le 26 août 1990. Il avait quatre vingt six ans. Pour qui a eu le privilège de le rencontrer au cours des dernières années de sa vie, l'indication de son âge surprend, tant il rayonnait de vivacité et d'humour, tant l'intensité de sa présence, soulignée par l'accent chaleureux de sa terre, effaçait à l'instant même la trace des ans. 

Ancien interne, médaillé d'or des hôpitaux de Toulouse, médecin des hôpitaux militaire, professeur agrégé du Val de Grâce, Eugène Aujaleu est nommé Inspecteur général de la santé publique en 1941 et rejoint Alger en 1942. Il chargé, en 1943, des services de santé et de l'assistance du Comité de libération nationale près du gouvernement provisoire de la République française. Il est, à la Libération, nommé Directeur de l'Hygiène sociale, puis Directeur général de la Santé et occupe cette fonction de façon tellement éminente - assurant par son autorité et sa compétence la continuité de l'Etat en une période, on le sait, fertile en mouvements ministériels - que seul l'enjeu de la création de l'Inserm, vingt ans plus tard, sera suffisant pour le conduire à s'en éloigner. 

Premier Directeur général du nouvel établissement né de la mutation de l'Institut national d'hygiène (INH) en une véritable institution de recherche, Eugène Aujaleu sut, en quelques années, conférer à celui-ci les principales et solides caractéristiques fonctionnelles qui sont restées aujourd'hui les siennes : laboratoires propres - et Eugène Aujaleu fut un grand constructeur à qui nous devons une bonne part des bâtiments dont nous sommes propriétaires - ; instances scientifiques d'évaluation (Conseil scientifique et Commissions scientifiques spécialisées) ; budget établi sur des bases programmatiques, géré avec rigueur.On ne pouvait mieux servir l'avenir. 

 Parallèlement, Eugène Aujaleu était appelé à d'importantes fonctions internationales, notamment auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dont il devait présider l'Assemblée générale en 1968 et auprès de laquelle il devait, avec autorité, représenter la France jusque en 1982. Il devait achever sa carrière en tant que Conseiller d'Etat en service extraordinaire.  Pendant les vingt années de sa retraite, Eugène Aujaleu avait continué à suivre avec une attention amicale et soutenue l'évolution de l'institut qu'il avait mis sur rails. Il ne manquait pas une occasion d'honorer de sa présence bienveillante les diverses cérémonies importantes en ponctuant le cours. Cette présence, ce sourire, cette voix vont nous manquer. Que Madame Aujaleu, sa fille, et tous les siens trouvent ici le témoignage de notre reconnaissance pour son oeuvre, de notre très grande tristesse et de la fidélité de notre souvenir. 

 


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