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Pierre Berthelot

Thème : Hépatologie

Pierre Berthelot est né le 6 octobre 1931 à Paris. Il a mené ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly à Paris et ses études supérieures à la faculté de médecine de Paris.
Externe (1954) et interne (1957) des hôpitaux de Paris.
Docteur en médecine (1964), sa thèse portant sur « Les hépatites médicamenteuses ».
Séjour à Londres en tant que boursier de l'OTAN, département d'hépatologie, the Royal Free Hospital and School of Medicine chez les professeurs S. Sherlock et B.H. Billing (1964-1965).
Attaché puis chargé de recherches à l'Inserm dans l'unité Inserm 24 « Recherches isotopiques » puis « Physiopathologie hépatique » , dirigée par René Fauvert, puis par Jean-Pierre Benhamou, à l'hôpital Beaujon (1965-1971).
Directeur de l'unité Inserm 99 « Physiologie et pharmacologie hépatiques » (1972-1980) à l'hôpital Henri Mondor à Créteil. Jacques Hanoune lui succèdera.
Maître de conférences agrégé en hépatologie au CHU de Créteil, chef de service d'hépatologie et gastroentérologie à l'hôpital Laënnec (1980), professeur à l'université René Descartes - Paris V (1985).
Transfert et création du service d'hépatologie adultes à l'hôpital Necker (1993).
Professeur de classe exceptionnelle (1995).
Professeur émerite à l'université René Descartes - Paris V (1998).

Instances scientifiques et de gestion de la recherche
Membre de la commission scientifiques spécialisée (CSS) de l'Inserm < Métabolismes inorganiques, physiologie et pathologie hépatiques et digestives > (1968-1974) puis de la CSS < Gastro-entérologie, hépatologie, néphrologie et urologie, système ostéo-articulaire, odontologie, dermatologie, traumatologie > (1987-1990). Membre du conseil scientifique de l'Inserm (1991-1994), président de la commission des bourses d'accueil Inserm (1992). Membre du conseil scientifique et du comité permanent de la Fondation pour la recherche médicale (1980-1986), réélu en 1994. Consultant puis conseiller pour la médecine à la direction de la recherche, ministère de l'Education nationale (1982-1985).
Membre de l'Association nationale de prévention de l'alcoolisme.
Président de la commission de recherche clinique de l'UER Necker, Paris V (1991).

Sociétés savantes
Membre de l'European Association for Study of Liver, président de l'Association française pour l'étude du foie (1981-1984).

Travaux scientifiques
Les travaux de recherche de Pierre Berthelot ont tous été consacrés à l'hépatologie. On peut y distinguer deux grands axes qui se déroulèrent successivement dans le temps.
Le premier eut pour thèmes principaux le rôle du foie dans le devenir des médicaments, incluant leur hépatotoxicité éventuelle, et l'excrétion d'un certain nombre d'anions organiques éliminés à forte concentration biliaire (anions « choléphiles »). Ces derniers comprennent la bilirubine qui a été à la base de nombre de publications. C'est ainsi que Pierre Berthelot et ses collaborateurs ont mis en évidence chez le rongeur une conjugaison extra-hépatique. Il a aussi être montré que, contrairement à une opinion classique qui s'appuyait sur la lipidosolubilité de la bilirubine non conjuguée, celle-ci peut être éliminée dans la bile à concentration non négligeable, en particulier, lorsqu'il existe un déficit de la glucuroconjugaison hépatique, congénital (syndrome de Gilbert, maladie de Crigler-Najjar) ou acquis (provoqué par des molécules diverses, dont la novobiocine, ou par des situations physiologiques particulières tel le jeûne). Une éventuelle déconjugaison par bêta-glucuronidase ayant été exclue, une responsabilité de cette excrétion biliaire de bilirubine non conjuguée pouvait dès lors être évoquée dans la genèse de certaines lithiases, pas seulement les lithiases pigmentaires, puisque le centre des calculs cholestéroliques est généralement fait de cristaux de bilirubine. Parallèlement, Pierre Berhelot et ses collaborateurs ont mis en évidence d'importants arguments qui privilégiaient la conjugaison hépatique de la bilirubine par une enzyme unique en mono puis di-glucuronide, impliquant du même coup que, chez l'homme, le syndrome de Gilbert et la maladie de Crigler-Najjar ne sont que des expressions de différente sévérité d'un même déficit enzymatique.
Après cette première période, qui dura une quinzaine d'années, le deuxième axe se caractérisa par un retour vers une recherche plus clinique, à une époque où il paraissait souhaitable de montrer qu'on pouvait appliquer à la recherche clinique les mêmes raisonnements et la même rigueur qu'à la recherche fondamentale. Deux thèmes furent alors développés : l'alcool et les virus des hépatites. Rapidement, de multiples interactions entre ces deux thèmes furent mises en évidence par l'équipe de Pierre Berthelot. Ce fut d'abord la constatation inattendue de la présence presque constante d'ADN du virus de l'hépatite B (VHB) intégré dans le génome des hépatocytes en cas d'hépatocarcinome compliquant une cirrhose alcoolique. Il fut conclu que ceux des alcooliques ayant de l'ADN du VHB intégré dans les cellules hépatiques représentent, sans doute, le groupe à haut risque de développement d'hépatocarcinome, la présence d'une cirrhose étant une condition presque nécessaire, mais non suffisante, à la survenue du cancer. Il était logique, dans le même esprit, de ne pas négliger le rôle agravant, sur l'hépatite B, du virus de l'hépatite delta ou D (VHD). Pierre Berthelot et ses collaborateurs ont ainsi étudié un groupe de patients homosexuels masculins non alcooliques atteint d'hépatite chronique B avec un statut VIH variable. Contrairement à l'idée qu'en France, seuls les toxicomanes ont une forte prévalence de VHD, quelques 16 % de leurs patients homosexuels Ag HBs+ possèdaient au moins l'un des marqueurs sériques du VHD, antigène, anticorps totaux ou anticorps de type IgM. Le VIH ne semblait pas exercer de rôle évident sur les interactions VHB et VHD. L'absence de toxicomanie était certaine chez ces patients. On pouvait donc conclure que la contamination delta par voie sexuelle était possible.
Pierre Berthelot et ses collaborateurs élargissent ensuite ces recherches au virus de l'hépatite C (VHC) et aux hépatites chroniques virales dans diverses populations d'immunodéprimés : outre celle des alcooliques chroniques, la première entreprise, celle des hémodialysés et transplantés rénaux et enfin celle des patients VIH+. Pour ce dernier virus, ils montrent clairement que c'est l'hépatopathie qui peut conditionner le pronostic chez certains des sujets VIH+, justifiant alors d'entreprendre des thérapeutiques spécifiques. D'où la participation à la plupart des essais thérapeutiques contrôlés qui démarraient, pluricentriques nationaux ou européens, menés sur les hépatites chroniques B et C. En parallèle, l'équipe de Pierre Berthelot développe des programmes de vaccination tentant d'augmenter la réponse immune par des moyens ou protocoles variés dans des populations « mauvaises répondeuses » tels les alcooliques chroniques ou les patients hémodialysés.Ces recherches n'auraient pas été possibles sans quelques rencontres d'exception puis la venue de collaborateurs exemplaires. Sans pouvoir les citer toutes et tous : Barbara Billing, René Fauvert et Jean-Pierre Benhamou pour les rencontres qui furent déterminantes et, pour les principaux collaborateurs, dans l'ordre chronologique : Daniel Dhumeaux, Anne-Marie Préaux, Jacques Hanoune et toute son équipe, Bertrand Nalpas, Christian Bréchot, Stanislas Pol.

Les travaux de Pierre Berthelot et de ses collaborateurs ont donné lieu à publication de plus de 200 articles, notamment dans des revues internationales de grand renom.
Sélection de publications
- Berthelot P, Walker G, Sherlock S, Reid L. Arterial changes in the lungs in cirrhosis of the liver. Lung spider nevi. N Engl J Med 274: 680-6, 1966.
- Berthelot P, Billing BH. Effect of bunamiodyl on hepatic uptake of sulfobromophthalein in the rat. Am J Physiol 211: 395-9, 1966.
- Berthelot P, Erlinger S, Dhumeaux D, Preaux AM. Mechanism of phenobarbital-induced hypercholeresis in the rat. Am J Physiol 219: 809-13, 1970.
- Berthelot P. Mechanisms and prediction of drug-induced liver disease. Gut 14:332-9, 1973.
- Dhumeaux D, Berthelot P. Chronic hyperbilirubinemia associated with hepatic storage impairment. A new syndrome resembling that of the mutant Southdown sheep. Gastroenterology 69:988-93, 1975.
- Mahu JL, Duvaldestin P, Dhumeaux D, Berthelot P. Biliary transport of cholephilic dyes : evidence for two different pathways. Am J Physiol 232: 445-50, 1977.
- Fevery J, Blanckaert N, Preaux AM, Heirwegh KPM, Berthelot P. Unconjugated bilirubin and an increased proportion of bilirubin monoconjugates in the bile of patients with Gilbert's syndrome and Crigler-Najjar disease. J Clin Invest 60: 970-9, 1977.
- Duvaldestin P, Mahu JL, Arondel J, Preaux AM, Berthelot P. Possible role of a defect in hepatic bilirubin glucuronidation in the initiation of cholesterol gallstones. Gut 21: 650-5, 1980.
- Laperche Y, Preaux AM, Feldmann G, Mahu JL, Berthelot P. Effect of fasting on organic anion uptake by isolated rat liver cells. Hepatology 1: 617-21, 1981.
- Nalpas B, Vassault A, Le Guillou A, Lesgourgues B, Ferry N, Lacour B, Berthelot P. Serum activity of mitochondrial aspartate aminotransferase : a sensitive marker of alcoholism with or without alcoholic hepatitis. Hepatology 4: 893-6, 1984.
- Brechot C, Degos F, Lugassy C, Thiers V, Zafrani S, Franco D, Bismuth H, Trepo C, Benhamou JP, Wands J, Isselbacher K, Tiollais P, Berthelot P. Hepatitis B virus DNA in patients with chronic liver disease and negative tests for hepatitis B surface antigen. N Engl J Med 312: 270-6, 1985.
- Nalpas B, Vassault A, Charpin S, Lacour B, Berthelot P. Serum mitochondrial aspartate aminotransferase as a marker of chronic alcoholism : diagnostic value and interpretation in a liver unit. Hepatology 6: 608-14, 1986.
- Pol S, Dubois F, Roingeard P, Zignego L, Housset C, Brechot C, Goudeau A, Berthelot P. Hepatitis delta virus (HDV) infection in french male HBsAg-positive homosexuals. Hepatology 10:342-5, 1989.
- Nalpas B, Driss F, Pol S, Hamelin B, Housset C, Brechot C, Berthelot P. Association between HCV and HBV infection in hepatocellular carcinoma and alcoholic liver disease. J Hepatol 12: 70-4, 1991.
- Pol S, Nalpas B, Vassault A, Bousquet-Lemercier B, Franco D, Lacour B, Berthelot P, Hanoune J, Barouki R. Hepatic activity and mRNA expression of aspartate aminotransferase isoenzymes in alcoholic and non-alcoholic liver disease. Hepatology 14: 620-5, 1991.
- Nalpas B, Pourcel C, Feldmann G, Housset C, Tiollais P, Brechot C, Berthelot P, Farza H. Chronic alcohol intoxication decreases the serum level of hepatitis B surface antigen in transgenic mice. J Hepatol 15: 118-24, 1992.
- Pol S, Romana C, Richard S, Carnot F, Dumont JL, Pialoux G, Stern M, Pays JF, Berthelot P. Enterocytozoon bieneusi infection in acquired immunodeficiency syndrome-related sclerosing cholangitis. Gastroenterology 102: 1778-81, 1992.
- Housset C, Pol S, Carnot F, Dubois F, Nalpas B, Housset B, Berthelot P, Brechot C. Interactions between infections caused by human immunodeficiency virus 1, hepatitis delta virus and hepatitis B virus in 260 chronic carriers of hepatitis B virus. Hepatology 15:n578-83, 1992.
- Pol S, Romana CA, Richard S, Amouyal P, Desportes-Livage I, Carnot F, Pays JF, Berthelot P. Prospective study of microsporidian biliary infection in HIV-infected patients. N Engl J Med 328: 95-9, 1993.
- Paterlini P, Driss F, Nalpas B, Pisi E, Franco D, Berthelot P, Brechot C. Persistence of hepatitis B and hepatitis C viral genomes in primary liver cancers from HBsAg-negative patients : a study of a low-endemic area. Hepatology 17: 20-9, 1993.
- Romeo R, Pol S, Berthelot P, Brechot C. Eradication of HCV RNA after alpha-Interferon therapy. Ann Int Med 121: 276-7, 1994.
- Romeo R, Pol S, Demeret C, Thiers V, Kremsdorf D, Cuillerier E, Berthelot P, Brechot C. Evidence of non-A, non-B, non-C infection in chronic hepatitis by polymerase chain reaction testing for hepatitis B and C viruses. J Hepatol 22: 125-9, 1995.
- Pol S, Couzigou P, Bourliere M, Abergel A, Combis JM, Larrey D, Tran A, Moussalli J, Poupon R, Berthelot P, Brechot C. A randomized trial of ribavirin and interferon-alpha vs. interferon-alpha alone in patients with chronic hepatitis C who were non-responders to a previous treatment. Multicenter Study Group under the coordination of the Necker Hospital, Paris, France. J Hepatol 31: 1-7, 1999.
- Zylberberg H, Pol S, Thiers V, Chaix ML, Lagorce D, Brechot C, Nalpas B, Berthelot P. Significance of repeatedly normal aminotransferase activities in HCV-infected patients. J Clin Gastroenterol 29: 71-5, 1999.

André Chevallier (notice Inserm)

Voir aussi : Aux origines de l'Inserm : André Chevallier et l'Institut national d'hygiène (J.-F. Picard, SS&S, mars 2003) ainsi que des notes issues des papiers Chevallier déposés aux archives nationales

Directeur général de l'INH 1942 - 1946
André Chevallier est né le 24 novembre 1896 à Saint Paul d'Eyjeaux (Haute Vienne). Mobilisé en 1916, dans le premier régiment d'artillerie de montagne, il est nommé médecin capitaine en 1917.

Après la guerre, il poursuit ses études de médecine à la faculté de Lyon, comme assistant dans le service du Professeur Rocques. Il y obtient sa thèse de doctorat en médecine, le 2 juillet 1923, sur la "Recherche sur la radioactivité des sources de l'Echaillon (Maurienne). Contribution à l'étude de l'émancipation du thorium. Actions biologiques et thérapeutiques".
Il obtient parallèlement l'agrégation de physique médicale à Lyon, en 1926, et une licence de science en 1929. Cette même année, il se voit confier la chaire de physiologie à la faculté de médecine de Lyon.

En 1930, il est nommé Professeur titulaire à la faculté de médecine et de pharmacie de Marseille, nouvellement créée, où il consacre ses recherches à l'étude des vitamines et, plus particulièrement, à la physiologie de la vitamine A. Il met au point, grâce au CNRS et à la fondation Rockefeller, un spectromètre ultraviolet permettant de doser la présence de vitamine A dans l'organisme.
En 1939, André Mayer, Directeur de l'Institut physicochimique et Professeur au Collège de France, invite André Chevallier à participer aux travaux d'une commission du CNRS, chargée des problèmes de l'alimentation en temps de guerre.
Le 12 août 1940, André Chevallier présente au comité des experts de la Défense nationale un rapport sur les lésions que peuvent entraîner les carences en vitamine A pour les enfants et les adolescents. Ce comité le charge également des questions d'approvisionnement de la France en médicaments et notamment en insuline.

En 1940, avec l'aide de la Fondation Rockefeller, l'Institut de recherches d'hygiène est créé à Marseille dans le laboratoire d'André Chevallier autour des nutritionnistes américains et du Docteur Daniel Kuhlmann, médecin alsacien. L'Institut lance une série d'enquêtes sur les carences alimentaires en temps de guerre qui voit, dès 1941, l'instauration de cartes d'alimentation spécifiques pour les enfants. Au printemps 1941, la Fondation Rockefeller décide de regagner les Etats-Unis et donne tous pouvoirs à André Chevallier pour continuer l'œuvre entreprise.

Celui-ci envisage, avec le secrétaire d'Etat à la Santé, Serge Huard, l'élaboration et la mise en place d'un Institut national d'hygiène. L'INH est ainsi créé le 30 novembre 1941.
André Chevallier est nommé Directeur général de l'INH, en février 1942. Il installe l'Institut dans des locaux partagés avec la direction de la Pharmacie du ministère de la Santé, rue Cardinet, à Paris et divise l'organisme en sections par grands secteurs d'activité : la nutrition, les maladies sociales, l'épidémiologie et l'hygiène générale. La section de nutrition s'occupe principalement de l'alimentation infantile. La section 'maladies sociales' s'occupe de la tuberculose, l'alcoolisme et la syphilis, mais également du cancer. André Chevallier décide également que l'INH soutiendra la recherche à caractère thérapeutique, telle une étude sur la biologie de la métastase réalisée au centre anticancéreux de Lille, une autre sur la longueur d'onde optimale en radiothérapie réalisée à Montpellier ou le suivi des premières chimiothérapies menées dans les hôpitaux d'Orléans et de Lyon.
Quant à la section d'hygiène générale', dans le cadre de la lutte contre la fièvre typhoïde, elle lançe, en collaboration avec le Génie rural, une enquête sur l'eau potable dans les départements du Val-de-Loire. La section d''hygiène industrielle', liée à la chaire du même nom à la faculté de médecine de Paris, s'intéresse, de son côté, à certaines maladies professionnelles comme le saturnisme des ouvriers de l'Imprimerie nationale.
En 1946, André Chevallier quitte la direction de l'INH, restant membre du comité scientifique de l'Institut. Il est nommé Professeur titulaire de physique biologique à la faculté de médecine de Strasbourg.
En 1947, il prend la direction du Centre régional de lutte contre le cancer de Strasbourg, qui deviendra, grâce à sa pugnacité face aux problèmes de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, le Centre Paul Strauss. Celui-ci sera inauguré en 1959.

Il a participé également, dès 1957, comme délégué de la France, aux travaux du Conseil de l'Union internationale contre le cancer, au sein de l'OMS. Il a pris une part très active à la mise en place de la radioprotection.

En 1960, il est l'un des membres fondateurs de l'Association des radiobiologistes des pays de l'Euratom.

André Chevallier est décédé le 11 novembre 1964.

Autres activités
Membre de la commission médecine du CNRS, à partir de 1946
Membre correspondant de l'Académie de Médecine, en 1952
Membre du Conseil supérieur d'hygiène de France
Membre de la Commission permanente du cancer au ministère de la Santé
Membre de la Commission interministérielle de protection contre les rayonnements ionisants

Distinctions
Merit of Freedom, en 1946.
Officier de la Légion d'Honneur, en 1959.

Extrait du cd-rom "André Chevallier 1896-1964" réalisé par l'Inserm (ISBN 2-85598-838-1).
Ce cd-rom peut être obtenu auprès du Service des Archives de l'Inserm : Hélène Chambefort : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les archives apportent une information précise sur les travaux scientifiques d'André Chevallier, au travers de la liste exhaustive de ses publications et de la conservation de nombreux manuscrits. Elles fournissent des informations nouvelles tant pour l'histoire des sciences de la nutrition et de la cancérologie, que pour celle des techniques de biophysique et l'usage des rayonnements (rayons X, radio-isotopes) pour le diagnostic et la thérapeutique.

Une production scientifique très riche
De 1919 à 1964, André Chevallier publie environ 260 articles, dépose six brevets et écrit un livre sur le cancer publié aux Presses Universitaires de France (traduit en italien). Comme c'est l'usage à l'époque, pour l'essentiel, ces travaux paraissent dans des Comptes Rendus (de l'Académie des Sciences, de la Société de Biologie), ainsi que dans des Annales (de nutrition et d'alimentation, de nutrition, de physiologie, de neurologie, de radiologie, de cancer). En tant que biophysicien, il publie dans des revues de sociétés spécialisées : de chimie, de physique, de chimie biologique, d'électricité, d'optique.
En tant que médecin, il publie dans de très nombreux journaux médicaux : les Comptes Rendus de l'Académie de Médecine, les Comptes Rendus de l'Académie de Chirurgie,les Comptes Rendus de la Société scientifique d'hygiène alimentaire, le Journal de Radiologie et d'Électrologie, la Semaine des Hôpitaux, l'Encyclopédie médico-chirurgicale, le Journal de Médecine de Lyon, le Journal de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, Strasbourg médical...
La majorité de ses publications sont en français. Sa première publication en anglais (et l'une des rares), paraît dans Biochemical Journal, en 1933, sur le dosage de la vitamine A par la méthode spectro-photométrique, qu'il a mise sur pied avec Pierre Dubouloz. Il a publié également en italien et en allemand.

Ses recherches à Lyon
Avant guerre, à Lyon, ses recherches concernent :
- la radiobiologie et la cancérologie : les rayons X et les effets secondaires ; le radium, le thorium et leurs effets biologiques (dont l'effet sur l'excitabilité neuromusculaire) et thérapeutiques (dans les leucémies) ;
- l'électrophysiologie : les courants à hautes fréquences et l'excitabilité des nerfs ;
- la biophysique : les colloïdes et leurs propriétés (dont les propriétés magnéto-optiques), la viscosité appliquée aux liquides biologiques, la physico-chimie du sérum sanguin (et ses propriétés optiques), les tensions superficielles entre liquides.
Il s'intéresse également à la vitamine A et au lait, sujet qu'il poursuit pendant et après la guerre, en étudiant notamment le lait de femme.

Sa production à Marseille
A Marseille, il publie, en 1931, avec Pierre Dubouloz sur la fluorescence et les mesures photométriques dans les ultraviolets et, en 1932, sur la mise au point d'une technique nouvelle de spectrométrie dans l'ultraviolet. Cet appareil devait être exposé pour représenter la France à l'Exposition universelle de 1939. Grâce à cette méthode révolutionnaire, il peut développer un champ nouveau de recherches sur la vitamine A, les huiles et les hormones stéroïdiennes. Il s'intéresse d'abord au dosage de la vitamine A, son métabolisme (dans le foie et le sang, notamment), sa dégradation (rayonnements du thorium, photochimie), sa fonction physiologique, ses effets nutritionnels, mais aussi la cicatrisation, ses carences et son rôle dans les hépatites. Il conduit une recherche tout à fait originale sur la vision nocturne, en prenant comme sujets témoins les militaires du croiseur Le Duquesne (comme en atteste sa correspondance avec le médecin militaire).
Pendant la guerre, il poursuit ses recherches sur les vitamines et développe les enquêtes sur la nutrition de la population, tout d'abord avec la Fondation Rockefeller, puis à l'Institut national d'hygiène (INH). Ces publications font l'objet de communications à l'INH et de publications dont celle qu'il co-signera avec les nutritionnistes J.-B. Youmans et D. Kuhlmann en 1941.

Ses activités scientifiques après-guerre à Strasbourg
Dès son arrivée à Strasbourg, il reprend ses activités scientifiques avec Simone Manuel, Pierre Denoix, Constant Burg, et aborde de nouvelles problématiques sur la cancérogenèse : carbures cancérigènes, pouvoir anti-oxygène des graisses, oxydation des lipides, mesures des lipides, influence de certaines hormones et vitamines liposolubles... Il publie plus tard sur la cancérisation par le benzopyrène.
En 1951, il crée un laboratoire sur les radio-isotopes et s'intéresse notamment à l'influence des radio-phosphates sur l'activité des lipides des tissus animaux. Il poursuit ses recherches sur les rayons X et sur les conséquences des traitements à base d'agents physiques. Il développe une nouvelle thérapeutique à partir du radio-phosphate de chrome colloïdal, méthode qui sera utilisée dans le traitement de plusieurs types de cancers (vessie, sein, rectum, bronches, métastases lymphatiques, leucoses). Il introduit également la cobaltothérapie et publie sur la gamma-encéphalographie, les traitements localisés et leurs effets, les associations de traitements. Il ne cesse de s'intéresser aux questions nutritionnelles, au travers des questions de contamination de la chaîne alimentaire. Il coopére avec le CEA pour mesurer la contamination radio-active de l'environnement par les centrales nucléaires ou consécutive aux essais nucléaires soviétiques ! Sa dernière publication, présentée à un colloque franco-soviétique à Paris en juin 1964, portera sur l'association de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

http://www.pasteur.fr/infosci/archives/f-bio.html

Benjamin Weill-Hallé (1875-1958)

Médecin français, pédiatre et bactériologiste, né à Versailles, le 14/03/1875. Son père, alsacien, opte pour la France en 1871. Il est le quatrième d'une famille de neuf enfants.
Etudes secondaires au Collège Rollin, à Paris.
1900-1904 Nommé interne des hôpitaux, il devient successivement l'élève de J.-J. Grancher, Méry, Gaucher et Marfan.
1904 Soutient sa thèse de doctorat en médecine sur : Le développement de l'hystérie dans l'enfance.
1905-1910 Occupe le poste de chef de laboratoire de la diphtérie à l'Hôpital des Enfants-Malades, à Paris.
1911 Nommé médecin des hôpitaux.
1914-1915 Mobilisé comme chef du laboratoire du camp retranché d'Epinal.
1916-1917 Nommé chef de laboratoire à l'Hôpital du Val-de-Grâce, à Paris.
1917-1918 Crée et dirige le laboratoire de la base américaine de Saint-Nazaire, destiné à dépister les maladies contagieuses parmi les troupes américaines à leur arrivée en France.
1919 Grâce à l'appui du comité directeur du bureau des enfants de la Croix-Rouge américaine, qui souhaite perpétuer l'aide que l'Amérique vient d'apporter à l'enfance sinistrée pendant la guerre, crée une Ecole de puériculture, rattachée à la faculté de médecine de Paris. Adolphe Pinard en devient le directeur, B. Weill-Hallé, le sous-directeur.
1919-1941 Exerce les fonctions de chef de service successivement à l'Hospice des Ménages, à l'Hôpital de la Charité, à l'Hôpital Hérold, à Paris.
1921 En accord avec A. Calmette, réalise avec succès la première vaccination BCG par ingestion sur un enfant issu d'un milieu tuberculeux et fatalement voué à l'infection.
1921-1924 Pratique, avec R. Turpin, la vaccination BCG sur les enfants hospitalisés et nés à la maternité de l'Hôpital de la Charité, à Paris. Le 24/06/1924, les résultats ces premières vaccinations sont présentés devant l'Académie de médecine par A. Calmette, C. Guérin et leurs collaborateurs.
1924 Fonde la revue La Semaine des Hôpitaux, organe de l'Association d'enseignement médical des hôpitaux de Paris.
1928 Chargé du cours de puériculture à la faculté de médecine de Paris.
1934-1941 Nommé directeur de l'Ecole de puériculture de Paris.
1935 Nommé membre de la Commission du BCG de l'Institut Pasteur dont le président est Marfan. Parmi les autres membres : A. Boquet, R. Debré, C. Guérin, L. Martin, L. Nègre, G. Ramon.
1941 Transfert ses consultations BCG de l'Ecole de puériculture et de l'Hôpital des Enfants-Malades à l'Hôpital de l'Institut Pasteur. Soucieux d'améliorer la technique vaccinale, il y étudie la méthode de vaccination par scarification dont L. Nègre et J. Bretey ont précisé la valeur expérimentale. Il expose les résultats de ses travaux, dans un ouvrage publié en collaboration avec le Dr Lagroua : La vaccination contre la tuberculose par le BCG (méthode des scarifications cutanées.
1944 Epouse Marie-Andrée Lagroua, médecin, avec laquelle il aura trois enfants.
1950 Elu membre de l'Académie de médecine dans la section d'hygiène et d'épidémiologie.
Commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur.
1956 Fait paraître dans la Semaine Médicale une vaste enquête réalisée sous les auspices du Comité national de défense contre la tuberculose (CNDT). Il y rapporte les conclusions de trente-quatre années d'études sur les diverses applications de la vaccination au BCG.
1958 Décès.

Publications en collaboration avec : R. Benda, A. Boquet, A. Calmette, Coloni, C. Guérin, G. Kayne, A.-M. Lagroua Weill-Hallé, M. Léger, Maas, Mouchotte, L. Nègre, A. Saenz, L. Sayé, R. Turpin, Wilbert.

Références biblio. :
- Benda (R.), "Benjamin Weill-Hallé (1875-1958)", La Presse Médicale, n° 45, 12 p., 1958.
- Turpin (Raymond), "Benjamin Weill-Hallé 1875-1958", La Semaine des Hôpitaux, n° 32-33, pp. 1933-1936, 1958.

Source : http://picardp1.ivry.cnrs.fr

Clovis Vincent (1879-1947)


SLND. Bibliothèque de l'Académie nationale de médecine. Dossier Claudius Vincent

Né à Ingret (Loiret), après ses études au lycée d'Orléans, Claudius Vincent a fait sa médecine à Paris ou il a réussi le concours d'internat des hôpitaux. Eleve du neurologue Joseph Babinski, lui même disciple de J.-B. Charcot, Claudius Vincent devient médecin chef à l'hôpital de la Pitié Salpetrière à la veille de la Première Guerre mondiale.A l'époque, le magistère de la médecine françaises repose sur la méthode anatomo-clinique. Celle-ci est fondée sur l'idée que tout désordre comportemental a un substratum anatomique et que toute lésion anatomique se manifeste par des troubles analysables par l'examen clinique.En neurologie, Joseph Babinski a porté l'anatomopathologie à son apogée par exemple lorsqu'il a opposé l'hémiplégie organique à l'hémiplégie hystérique, réduisant ainsi l'hystérie au pithiatisme, i.e. à des troubles de la suggestion que la persuasion peut faire disparaître. Il pouvait au terme d'un examen clinique minutieux localiser à un millimètre près le siège d'une lésion médullaire, ouvrant ainsi la voie à la neurochirurgie française avec ses élèves Thierry De Martel et Clovis Vincent. A la mobilisation en 1914, Clovis Vincent, un homme de tempérament et un amateur de sports violents devient un brancardier-combattant. L'un de ses biographes raconte qu'en 1915, pour la prise de la colline de Vauquois, « il trouve le temps, tout en pansant les blessés français, d'occire quelques soldats ennemis bien portants », un geste qui lui vaudra la Légion d'honneur à titre militaire. Mais la guerre lui donne aussi l'occasion de mettre en pratique de nouvelles méthodes de traitement de l'hystérie et il met au point une méthode de rééducation fonctionnelle des combattants traumatisés par les bombardements. Pour cela, il n'hésite pas à renforcer la méthode de la suggestion verbale inspirée de son maître Babenski par le recours aux chocs électriques. Cette stimulation électrique avait, dit-on, le mérite de séparer les simulateurs des combattants réellement traumatisés, mais si elle lui vaut de nouvelles félicitations de l'Etat-Major, elle provoque aussi les protestations de certains troupiers qui aboutiront au renvoi du dr. Vincent à Tours dans un hôpital de l'arrière. Au lendemain de la guerre, le dr.Vincent franchit le pas qui sépare la neurologie de la neurochirurgie. Il se rend aux Etats Unis pour s'informer des méthodes du pape de la neuro chirurgie mondiale, le pr.Harvey Cushing du Peter Bent Bigham Hospital de Boston. Dans la grande tradition chirurgicale française, il y montre son goût pour « la technique et les réalisations manuelles soignées » et devient bientôt un spécialiste unanimement reconnu de l'exérèse des tumeurs hypophysaires et autres méningiomes. Sa dextérité lui vaut l'admiration de Cushing qui, lors d'une visite à Paris, aurait déclaré au doyen de la Faculté de médecine « ...avoir vu opérer le meilleur neurochirurgien du monde ». Cette appréciation est partagée par la Fondation Rockefeller qui a permis à Claudius Vincent de créer en 1933 le Centre neurochirurgical de La Pitié-Salpétrière où l'on étudie la physiologie des lobes frontaux du cerveau, puis de devenir le titulaire de la première chaire de neurochirurgie créée à la Faculté de médecine en 1939.

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