Raoul Kourilsky (1899-1977)

voir aussi : Alphonse Gardie et le rapport d'activité du Centre d'immuno-pathologie (ACB 1955 - 1965)

1918 : Mobilisé au Val de Grâce ; c'est là qu'il rencontre Xavier Leclainche.
1920 : Externat.
1922 : Internat ; élève de E.Sergent, G. Ramon, F. Widal, Leriche et C. Nicolle.
1926-1928 : Préparateur de Rathery à la chaire de médecine expérimentale.
1927 : Docteur en médecine. Chef de clinique médicale. Préparateur au laboratoire de pathologie expérimentale et comparée de la Faculté de médecine de Paris.
1930 : Médecin assistant des hôpitaux.
1934 : Médecin des hôpitaux.
1934-1936 : Chef du laboratoire de recherches de la clinique de propédeutique.
1937-1949 : Médecin de l'hôpital R. Poincarré.
1946 : Agrégé.
1948-1955 : Membre du conseil permanent d'Hygiène sociale.
1949 : Chef de service à Saint-Antoine.
1951 : Création du groupe de recherches immunopathologiques "Charles Nicolle" à Saint-Antoine.
1954 : Secrétaire général du conseil scientifique et membre du conseil d'administration de l'Association Claude Bernard.
1955 : Directeur du centre de recherches d'Immunopathologie de Saint-Antoine.
1958 : Professeur de clinique médicale à Saint-Antoine.
1961 : Membre de la commission de pathologie expérimentale du CNRS.



Oeuvre scientifique :

Etudes physiopathologiques sur le diabète insipide, sur le mécanisme d'infection et sur l'abcès du poumon ; sur les troubles respiratoires (asthmes, cancers bronchiques), hypersensibilité, rejet des greffes, maladies auto-immunes :
- travaux de bactériologie à l'Institut Pasteur avec Prévost : étude des différentes espèces bactériennes responsables des suppurations pulmonaires.
- En 1934, quand il est nommé médecin des hôpitaux, il s'installe à l'hôpital Poincarré de Garches : ainsi il est rpoche de l'Institut Pasteur de Garches où il se livre à des expériences avec le soutien de Ramon (codification expérimentale des résultats de la sérovaccination antitétanique et de la séroanatoxithérapie, étude des effets histologiques chez l'animal et de l'action immunologique chez l'homme de l'antigène O Glucidolipidique isolé par Boivin).
- Avec son installation à Saint-Antoine, et la charge du service de pneumophtisiologie, il reprend l'étude de l'allergie tuberlinique.

Dans le centre d'Immunopathologie qu'il dirige, il oriente les recherches dans quatre directions principales :
- étude du mécanisme du rejet des greffes ;
- recherches sur l'auto-immunisation ;
- sur l'hypersensibilité retardée ;
- sur les lésions cytologiques provoquées par les réactions antigènes-anticorps.
D'autre part, il s'efforce d'amèliorer les procédés d'investigation clinique : création avec Mlle Brille, du premier laboratoire français d'exploration fonctionnelle respiratoire. Avec Marchal, il met au point la cinédensigraphie.


Sur l'Association Claude Bernard :

"je consacrai dès lors une partie importante de mon activité à les faire triompher et à rompre les séparations traditionnelles entre la médecine clinique et la médecine de recherche. Je fus ainsi conduit à m'attaquer au fond du problème, c'est à dire à la séparation excessive dans notre pays entre la biologie et la médecine ; à une conception trop restrictive de la clinique ; à l'élimination de la recherche de nos activités hospitalières. Je fus chargé, dès la Libération, du rapport sur la recherche par l'Union des médecins de la Résistance, et je mûris progressivement ces idées, en plein accord avec le Pr Bugnard, directeur de l'INH.
En 1954, les crédits de l'institut étant insuffisant pour faire face aux besoins, j'exposai au Dr Leclainche, alors directeur de l'AP, qu'il devait être possible, avec l'aide du conseil municipal et général, de procéder à la création d'un certain nombre de Centres de recherche en milieu hospitalier, pour aider et soutenir l'INH. Grâce à l'appui de MM Debré et PVR, M. Leclainche réussit dans cette tache à laquelle M. Bugnard ne cessa jamais de contribuer. Ainsi naquit l'Association Claude Bernard, reconnue d'utilité publique et qui put ajouter les crédits privés aux subventions de la ville de Paris et du Conseil général. 13 centres furent ainsi créés :
- Centre de recherches sur les leucémies et maladies du sang ;
- centre de recherches sur les applications médicales des isotopes ;
- centre de recherches sur l'allergie ;
- centre de recherches sur l'insuffisance rénale ;
- centre de recherches d'immuno-pathologie ;
- centre de recherches biologiques néo-natales ;
- centre de recherches neuro-physiologiques ;
- centre de recherches expérimentales sur les réactions de l'organisme aux médicaments ;
- centre de recherches de chirurgie expérimentale ;
- centre de recherches de cardiologie ;
- centre de gérontologie ;
- centre de recherches cancérologiques et radio-pathologiques ;
- centre de recherches sur l'hypertension artérielle."
(Titres et Travaux scientifiques, 1962, pp 18-19).